jeudi 28 août 2014

UN COMBAT DE PAUVRES


« J'ÉTAIS JADIS UN PETIT EMPLOYÉ DE MAIRIE. ON M'Y AVAIT VU ÉCRASER DES LARMES...

quand le nouveau-né était apporté dans une blouse qu'avait enlevé de ses épaules le père misérable, grelottant sous le froid de l'hiver. 

J'en avait connu qui en moururent, et j'étais allé à leur enterrement. On se l'est rappelé, dix ans après. » 

Jules Vallès est élu député. 

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« Beaucoup d'hommes faisaient peur à voir : petits, décharnés, déformés... ils se battaient pour que leurs enfants soient moins chétifs, moins décharnés, moins vicieux... » 

-- Louis Rossel,* cité par Pierre Milza, La Commune, 2009

* Le seul officier de l'armée régulière à rejoindre La Commune espérait qu'elle continuerait le combat avec la Prusse. Versailles le fera fusillé. Il avait 27 ans.

L'Appel par André Devambez, 1906, Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis / zoom
Peinture d'après les souvenirs du père de l'artsite et de survivants. Au premier plan, des pavés enlevés pour construire une barricade.



Des femmes 

Trois pétroleuses :Marchais, Suetens et Rétiffe de Daniel Vierge, 1871
Musée Carnavalet / non exposé 
 Publié et commenté dans Ma Commune de Paris

Louise Michel, la vierge route de la Commune, raconté par Alain Decaux, 2019

Le mythe que toutes aient été tuées sur une barricade qu'elles défendaient montre le respect des hommes.

 La Barricade de la place Blanche défendue par des femmes (recadré), artiste et date inconnus / zoom
Musée Carnavalet, non exposé

À une autre occasion : « ...drapeau rouge déployé, venaient nous retrouver une vingtaine de femmes parmi lesquelles... » [leurs noms suivent]. Et encore : « elles pensaient les blessés sur le champ de bataille et souvent ramassèrent le fusil d'un mort. »
-- Louise Michel
Des « enfants perdus » 

Prisonniers à Versailles
      -- Les Enfants perdus de la Commune

  • « V. Thiebaut, âgé de quatorze ans, accourait à travers le balles donner à boire aux défenseurs. Les balles ayant forcé les fédérés à se replier, ils allaient sacrifier les vivres du bataillon lorsque l'enfant se précipite malgré les obus sur une pièce de vin qu'il défonce en criant, 'Ils ne ne boiront toujours pas notre vin!' Au même instant, saisissant la carabine d'un fédéré qui vient de tomber, il la charge... ».
-- Lissagary, Appendice V, un récit qu'il dit pris au hasard.


   Un Mariage sous la Commune de Félix Guerie, Musée de Saint-Denis, sans date / zoom
Une peinture anti-communarde


Ils transmettent des messages, construisent des barricades, portent des obus et bien que la plupart des bataillons ne prennent pas de jeunes de moins de dix-sept ans, Louise Michel inclut des garçons beaucoup plus jeunes parmi ses compagnons d'armes. 

Beaucoup sont orphelins, obligés de se débrouiller. Leurs origines et leur comportement sont les mêmes que ceux des gardes mobilesmais leur encadrement et donc leur philosophie sont très différents. 


C'est une raison pour le peu de crimes pendant la Commune.


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Bismarck renvoie 100,000 prisonniers de guerre en France pour que son gouvernement puisse réprimer une transformation sociale qui pourrait s'étendre : le dessin montre l'armée remplissant ce qu'est peut-être la plus vaste avenue du monde.

    Le Départ de Versailles, place d'Armes, par Crafty, 1871 / zoom

 Avenue de Paris (la place d'Armes est au fond) Versailles / zoom 

Quelqu'un du quartier parisien aisé ouvre la porte de l'enceinte. Les troupes entrent sans combat et les résidents les accueillent avec joie. La première image indique une foule à l'arrière-plan à laquelle le commandant agite son épée. La seconde montre un couple bien habillé ravi.  

    21 mai 1871, les troupes pénètrent dans Paris par Charles Vernier, 1871 zoom
 
Le 24 mai 1871 l'armée réunie à Versailles parvient après un siège en règle entre dans Paris. La population manifeste sa joie et fait à nos soldats l'accueil le plus sympathique. L'insurrection est vaincue, et les coupables qui ont sacrifié les otages et incendié la capitale, sont punis de leur crimes.

« Tout au long des Boulevards...

des foules de gens bien habillés sortirent pour accueillir les troupes aux pantalons rouges. Ils applaudissaient. Ils avaient l'air d'être à l'Opéra et criaient : 'Bravo ! ' comme si une bataille avait été gagnée. Au dessus des soldats qui marchaient, des pièces de monnaie étaient lancés des fenêtres et sonnaient en arrivant sur les trottoirs. Dans cette partie de Paris, les pavés étaient restés sans bouger sur les chaussées. Les gens ne s'étaient pas soulevés, attendant d'être sauvés, jouant aux cartes pour passer le temps. Aussitôt qu'ils ont su que la situation était sûre, ils se sont rués dehors, des bouteilles de vin à la main. Les beaux messieurs se tenaient debout, souriants, pendant que les bras de leurs femmes s'ouvraient, couvrant les cous suintants de soie  et de satin, envoyant des baisers à la volée vers les képis. »
-- Liberty's Firetrad. Jean-Pierre Sutra


Après un détour pour punir les rebelles de Montmartre l'armée se dirige vers des territoires de l'est...


Marche des troupes Versaillaises, 21-22 mai / zoom

La Prise d'une barricade par Daniel Vierge, reproduite dans l'Humanité

 ...« les épouvantails des gens de l'ordre ».
-- Louise Michel

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