Le regretté Pierre Brissot, critique pour L'Œuil, a dit,
« Les marchands d'autrefois promouvaient ce en quoi ils croyaient et quelquefois faisaient fortune en influençant l'histoire de l'art, mais aujourd'hui des investisseurs ignorants faussent le marché. »
« Dans ce contexte frelaté », Monsieur Brissot continua, « de nombreux marchands ne pensent qu'à l'argent : Ils choisissent les artistes pour des ventes faciles ou pour leurs relations, leur font participer aux coûts ou tout simplement louent leurs murs. »
- Une galerie d'art « sérieuse » se rémunère exclusivement à la commission, généralement de 50 % sur les ventes, et ne demande rien d'autre à l'artiste. Mais il faut bien connaître les coulisses du milieu pour savoir si cet accord est respecté ou si l’artiste a dû participer financièrement.
- Les ventes aux enchères sont corrompues quand le vendeur s'arrange avec un complice pour faire monter le prix. S'il n'y a pas d'offre supérieur, le complice achète l'œuvre, et le vendeur le rembourse discrètement — ayant fait artificiellement monter la côte de l'artiste. Les frais de 3 à 20% sur les ventes (« frais d'adjucation ») sont considérés comme le prix à payer pour faire des affaires.
- « On croit que le galeriste ne fait qu'exposer des œuvres d'art. La réalité est infiniment plus complexe... ».
Ivana Dimitrie, fondatrice de la galerie Ivana Dimitrie, jardin du Palais-Royal (cliquez et déroulez la page).
* *
Un exemple des galeries derrière le prestige de Saint-Germain : celle de Jeanne Bucher-Jaeger, mentionnée ci-dessus.
(Depuis 1925, au 53 rue de Seine)
- « L'art était comme un champ de bataille où elle donnait le meilleur de ses forces. »
- « J'exposerai chez Jeanne Bucher, parce que sa vie est dure et elle en a besoin. »
Une galerie récente dans laquelle on peut avoir confiance :
la galerie de Buci.
(Depuis 2012, au 73 rue de Seine)
J'en parle parce qu'un collectionneur averti (Pascal Payen-Appenzeller) l'a recommandé et parce que Dominique Rivaux, que je connais bien, n'accepterait j'aimais un arrangement occulte.
* *
Quand j'ai demandé à Monsieur Brissot des conseils d'acquisition, il a réfléchi puis dit :
- « L'art doit exprimer une philosophie. Autrement il n'est que décoration.
- N'achetez pas par coup de foudre. L'œuvre n'est peut-être que séduisante.
- Évitez les marchands qui disent des œuvres "magnifiques" ou soulignent leur technique.
- Méfiez-vous des articles dans les revues, qui sont souvent un échange pour de la publicité.
- Commencez par des acquisitions aux coûts abordables, tels des dessins, pour laisser votre "œil" évoluer.
- Développez-le en regardant le plus possible. »
D'autres souvenirs
- Un critique chevronné : « Cette peinture est horrible, mais je suis obligé d'en dire du bien. »
- Un galeriste : « Voyez-vous ce petit drapeau à l'horizon ? Il donne à la peinture son énergie. » Les marchands qui offrent une clé pour comprendre un tableau partagent leur passion : ayez confiance en eux.
Un collectionneur a exprimé ainsi l'importance de former son regard :
« Si je voulais acheter de l'immobilier à New York je saurais m'y prendre, car j'y possède une copropriété et fais partie de l'administration de l'immeuble. Mais pour acheter une copropriété à Hong Kong, cela serait du n'importe quoi ».
* *
Mon point de vue :
Formez votre regard
et achetez l'art parce que vous l'aimez.






Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire