mardi 29 mars 2016

4.2. LES ÉTAPES DU CORTÈGE

MENU : 4.2. ÉTAPES DU CORTÈGE

LE CORTÈGE DE LOUIS XIV PASSE DEVANT LES INNOVATIONS DE SON PÈRE ET GRANDPÈRE, QUI SOULIGNENT LA PUISSANCE DE LA MONARCHIE

Henri IV (1585-1610), est venu au pouvoir après une génération de « guerres de Religion », comme on nomme généralement la série de conflits entre forces traditionnelles et capitalistes naissants au XVIe siècle. En tant que protestants ceux-ci défiaient les obstacles au gain, tels la pratique de chômer les jours des saints — un jour sur trois : L'Histoire une autre regard en dit plus.

Les guerres finissent par l'acceptation juridique des protestants et par une nouvelle dynastie, celle des Bourbons, suffisamment puissante pour maîtriser la classe nouvelle. L'Histoire un autre regard l'explique aussi.  

Ce qui nous concerne ici est l'utilisation des Bourbons de transformations urbaines pour souligner leur force.   

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Henri IV créa la première rue droite de Paris,* la première place royale, le premier lieu ou attirer les foules et la première statue profane, de lui-même à cheval survolant ces foules. 

*Inspirée par la première en France, l'espace qui permettait aux pèlerins de quitter une voie de commerce pour honorer les reliques et les rois à leur nécropole de Saint-Denis. 

Henry IV entre à Paris le 24 mars 1594 par François Gérard / zoom
La ruine en arrière-plan indique la dévastation de la guerre.


Son fils, Louis XIII (1610-1643), octroya le terrain pour une église, dont l'architecture et le décor annoncent l'obéissance au roi essentiel au salut (première pierre, 1626). 

Louis XIII recevant les clés de La Rochelle, anonyme, 17th century / zoom

Louis XIV (règne personnel, 1661-1715) crée la façade est du Louvre et ses cours), les arcs monumentaux aux portes Saint- Denis et Saint-Martin, le complexe qui culmine avec le dôme des Invalides et l'espace qui commence au Louvre et en se transformant en horizon et est un des dessins les plus influents au monde. 

   Gros plan, Louis prend Gand en six jours par Charles Le Brun, Galerie des Glaces, 1681-1684 / zoom 

Cette section concerne les innovations royales qui s'étendent sur la voie de commerce la plus ancienne, que suit le cortège du jeune Louis XIV en 1661.

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En bref


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dimanche 27 mars 2016

4.2.1. LA PREMIÈRE RUE DROITE PARISIENNE ET SON PREMIER POINT DE MIRE


LA PREMIÈRE ÉTAPE : UNE RUE COURTE ET DROITE QUI CONDUIT LE REGARD VERS UNE STATUE DE ROI À CHEVAL  

Cette perspective mène à la statue de Louis XIII. Pourquoi pas Henri IV, sous lequel la place a été construite ? Les énigmes sont souvent révélatrices. Pour celle-ci, continuez. 

Pour l'instant, considérez la place à l'origine de toutes les places importantes de Paris, et peut-être en France. 

La rue Royale conduit à la place Royale (rue de Birague et place des Vosges) 




L'espace qui conduit aux tombeaux des rois à Saint-Denis inspire cette première rue droite de Paris, 
dont la nécropole est le premier point de mire.

De plus, 
la ligne droite symbolise la stabilité et l'ordre,
que les rois doivent garantir. 


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samedi 26 mars 2016

4.2.2. LA PLACE ANCÊTRE DE TOUTES


LA PLACE DES VOSGES, SYMBOLE DE MONARCHIE 

L'ensemble des places parisiennes importantes copient ou adapte son dessin, comme le font un grand nombre de villes de province et de capitales étrangères.

 La place Royale en 1709 / zoom

À l'origine appelée place Royale, l'actuelle place des Vosges* est si aimablement grandiose que le New York Times** la choisit pour annoncer l'ouverture de l'Union Européenne après les confinements du covid. 

*Le nom honore la première région à envoyer ses impôts au régime révolutionnaire (en 1791).
**Équivalent américain de « Le Monde ».


Numéro du 26 avril, 2021


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Jusqu'alors les rares espaces ouverts (marchés, cimetières, le vide devant l'Hotel de Ville) sont apparus spontanément. Cette place est le première a être construite exprès. 
(Début des travaux en 1605, inauguration en 1612)

Paris en 1530 / zoom
L'innovation se fait en périphérie avec son terrain disponible, où un palais y avait été démoli (par la veuve de Henri II après qu'il y meurt, en 1559).

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Elle symbolise la royauté affirmée : la première rue droite conduit au « pavilion du roi » et la place elle-même est conçue en symboles : 

  • Elle un espace public vers lequel les rues convergent car le roi est au centre de tout. 

  • Les rues droites : le roi est garant de la stabilité et de l'ordre.

     Cette photo et la suivante, Carolyn Ristau
La rue de Birague (ancienne rue Royale)

Henri IV au dessus de la porte d'entrée (ajouté à la Restauration). 

Zoom

  • Les façades homogènes : tous sont sujets du roi. 

     Zoom 
  • Au centre un symbol de pouvoir : jusque la Révolution, une statue équestre du roi régnant. Mais ici il n'y a aucun.

Le Carrousel à la place Royale en 1612 par Matthäus Merian / zoom
 Inauguration (en 1612)

Les pages qui suivent montrent la statue qui arriva enfin et expliquent ce que arriva à elle et à celles des quatre places royales qui ont suivi.

Ensuite je suggérerai une raison
pour laquelle ce modèle
était vide pendant des décennies (jusque 1643). 

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mardi 22 mars 2016

4.2.3. LES STATUES SUCCESSIVES DE LA PLACE ROYALE (PLACE DES VOSGES)

 

D'UN SYMBOLE D'AUTORITÉ À UNE ŒUVRE QU'UN TRONC D'ARBRE SOUTIENT  

Le dernier cadeau de Richelieu à Louis XIII est la statue qui orne la place, trente ans après sa construction :
(En 1643)


  • Faite de bronze, elle a été fondue à la Révolution pour fabriquer des canons, comme celles des quatre autres places (en août 1792) :

Zoom
 Place des Victoires

La Garde nationale part pour l'armée par Léon Cogniet, 1836 / zoom

Au pont Neuf un drapeau remplace la statue (en septembre 1792).

Le bras étendu de la statue de Louis XV, place de la Concorde, est le seule élément qui reste intacte quand la statue s'écrase. On l'offre à un prisonnier que le roi avait embastillé. 
-- Quatrevingt-treize par Victor Hugo, ed.1979, p. 153.

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L'œuvre actuelle date de la Restauration.* Un tronc d'arbre empêche le cheval de s'effondrer :

*Une monarchie constitutionnelle dominée par les nobles (1815-1830).

      Statue équestre de Louis XIII par Jean-Louis Cortot, années 1820.
 
Le défi au sculpteur : le cheval doit lever un sabot sans tomber.

  • Les créations de Jean-Pierre Cortot sont conventionnelles mais compétentes. Celle-ci orne l'Arc de Triomphe : 

Zoom

  • Le régime avait dépensé presque tout son budget pour la statue du pont Neuf (à suivre) et Cortot était obligé d'utiliser de la pierre plutôt que du bronze. Le poids plus lourd (une statue en bronze est faite d'un moule, dont l'intérieur est vide) rendait le travail plus difficile.
 -- Budget : Philippe Schmitt-Kummerlee, musée Carnavalet, communication personnelle 

  • Un gouvernement qui n'offrait que « des messes et des bals masqués » (George Sand) à un public habitué à d'immenses victoires et à de terribles défaites, a vite paru ennuyeux. Cortot aurait pu insister sur des fonds adéquats, ou refuser le travail : le tronc d'arbre fait penser qu'il a accepté la commande que pour l'argent.

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Louis XVIII a dit de son rapport avec les Français, « Je suis comme les femmes qui ne sont pas très jolies, qu'on efforce d'aimer par devoir ».
-- Madame Royale par André Castelot, 1962 

La statue reflète la « pâle monarchie »
en laquelle le roi lui-même ne croyait pas assez
pour ériger un symbole convenable,
tandis que l'œuvre d'origine montre
une royauté en plein essor.

-- « Pâle monarchie » :
 René Chateaubriand, Mémoires d'outre tombe (1848)

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