dimanche 31 août 2025

PEUT-ON DIRE DU NEUF SUR PARIS ?

Version anglaise

YES !

EN SOULIGNANT CE QUI N'EST PAS DIT.  

Si vous longez le fleuve à partir de Notre-Dame, des publicités géantes planeront au-dessus de vous. 


En avançant vers la Rive gauche sur le pont Neuf

Le message, bien que discret, est sans appel : les marques sont reines.

C'est le crédo d'un capitalisme effréné qui broie l'esprit humain et bannit tout ce qui ne rentre pas dans le moule des multinationales. Même Paris — une ville forgée par la monarchie et les révolutions — voit son histoire réécrite pour nourrir ce storytelling commercial. Les pans qui dérangent sont purement et simplement gommés. 

Ce sont ces angles morts que ces pages mettent en lumière.

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Ces « blooks » (contraction de books et blogs) vont droit au but grâce à des gros titres et des images.
Pour faciliter votre lecture :

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Franco-américaine qui habite Paris depuis des décennies, j'ai été enseignante en histoire dans une université américaine. Ayant épousé un Français et vivant à Paris, j'ai fait la connaissance des historiens dans mon domaine, publié un article, frappé à des portes qui restèrent fermées et finit par comprendre que sans diplôme français intégrer l'Education nationale serait impossible. Je suis alors devenue guide-conférencière : ancien membre de l'Office du Tourisme (pendant sept ans) je connais bien le récit officiel. Depuis la crise du Covid-19, je me consacre à la création de ces « blooks ».

Vous trouverez un espace de discussion à la fin de chaque page : Laissez-y vos remarques. Les débats politiques sont bienvenus !

Voici un résumé.

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BLOOK I.
1. SOYEZ COMME  UN DÉTECTIVE
REMARQUANT CE QUI SEMBLE ABERRANT,
COMME LE PARVIS DE NOTRE-DAME 

Autrefois encerclée de maisons, Notre-Dame jaillissait au dessus du quotidien comme le voulaient ses bâtisseurs. Mais l'immense parvis de 1853 conduit à la voir de loin. Elle semble plus petite et moins imposante et le rappel d'éternité s'éteint. 

    XIIIe siècle, Grez image de synthèse

Claude Abron

Les photos non créditées sont les miennes.  

L'esplanade était conçue pour briser les insurrections. Autrefois c'était dit. Plus maintenant.


2. UNE AUTRE SORTE D'OMISSION :
DES MARQUES ONT ENVAHI LE CENTRE*
  ET LA CRÉATION SE DÉPLACE EN PÉRIPHÉRIE.

« Je croyais trouver des créateurs avec un point de vue, mais je n'ai vu que des marques », a dit un avocat newyorkais.
 
  • Autrefois l'arrondissement le plus misérable de Paris, le 13e, à l'extrémité sud-est de la ville, est maintenant à l'avant-garde des arts innovatifs.

Des lumières sous le métro aérien, créées par vote populaire en 2026

Deux festivals s'y tiennent. 



  • La population d'origine asiatique célèbre les trois semaines du Nouvel An Chinois. Les média remarquent son défilé géant, mais ignorent la multitude de festivités qui ont lieu au même moment.

       Le boulevard Vincent Auriol, une grande artère
 Le jour avant le défilé. 


 3. LES ÉNERGIES OCCULTÉES D'IMMIGRÉS

Le marché sous le métro aérien de Barbès-Rochefort et le ruban de commerces musulmans qui le côtoient rendent le quartier maghrébin au nord de la ville un des plus bouillonnants. Pendant le Ramadan des foules joyeuses et cordiales viennent pour les spécialités gourmandes faites sur place et vendues au long des rails.

 L'Office de Tourisme n'en dit rien. 


Des jeunes réunis autour du métro peuvent sembler inquiétants. Voici mon expérience.

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La Goutte d'Or, le quartier largement africain qui côtoie Barbès, est un lieu du « look » moyen de communication fleurit :  




Les affiches dans les vitrines des innombrables coiffeurs expriment une vision positive d'individualité dans une communauté homogène et solidaire. 


L' « art », on suppose souvent, est la musique, la peinture, etc. Mais les communards (à suivre) le disait toute création faite avec passion qui s'adresse au publique et un critique estimé a dit, « l'art doit exprimer une philosophie. Autrement il n'est que décoration ». Ces définition rend l'apparence personnelle pour communiquer le plus aimable des arts, mais on ne le remarque pas.

Pendant le covid, quand des étrangers ne venaient plus en France, l'Office du Tourisme a du s'adresser aux Parisiens et s'est apercu de la Goutte d'Or. Il a fait venir des modèles professionnels portant la mode du jour.

Ignoré aussi : que la sinistre « périphérie coloniale » où les écoles sont infestées de rats, les services sociales faibles, la pauvreté source de crime et de drogue, est aussi un lieu où les musiques urbaines et du monde prennent leur envol.




4. LE PASSÉ :
L'EMPREINTE ROYALE OUBLIÉE

Les grandioses perspectives qui conduisent le regard vers une cible rendent Paris unique. Leurs origines : l'espace qui conduit au nécropole royal, les rues droites qui se terminent par une statue équestre du roi régnant et la ligne qui commence au palais du Louvre et se perd dans l'horizon pour symboliser le pouvoir infini. 

La Basilique de St. Denis, XIIe siècle

Le rue de Birague, ancienne rue Royale, conduit à la place des Vosges, ancienne place Royale, et à la statue équestre de Louis XIII. 

*Cliquer permet de trouver l'original de l'image et les informations qui la concernent.
 


Claude Abron 
Le Grand Axe, modèle que de nombreuses capitales ont adopté. 
Les récits politiques passent cet héritage sous silence. Une explication est suggérée ici.

3. PLUS EFFACÉE ENCORE, LA TRANSFORMATION MILITAIRE DE PARIS APRÈS L'INSURRECTION OUVRIÈRE DE 1848

À leur centre, des statues colossales incarne l'autorité de l'État et imposent leur majesté aux quartiers contestataires. Ces transformations étendent le modèle royal et offrent à Paris sa majesté, suites involontaires du souhait de réprimer. 

Puisque les insurrections elles-mêmes sont autant que possible effacées (à suivre), la raison pour cette grandeur est généralement incomprise.

La place Saint-Michel, beaucoup trop vaste pour la circulation. A son fond, une statue où Saint Michel écrase Satan, symbole de l'Empereur écrasant le socialisme (inaugurée en 1860).

La plaque explicative dit qu'elle honore le combat des Parisiens à la Libération (en 1944).


     La Liberté guide le peuple par Eugène Delacroix, 1830-1831 (recadré pour souligner les figures) / zoom


Estampe exposée

  • Février 1848 devient un bouleversement où des meubles remplacent le drame.

  • L'insurrection de juin de cette année — celle qui inspira le remodelage militaire — obtient deux phrases en lettres minuscules, qui introduisent un tout autre sujet (les débuts de la photographie). Ses barricades y deviennent un jeu pour enfants et le tout paraît sur une table au fin-fond de l'étage, derrière un panneau devant des portraits de bourgeois inconnus.

  • La Commune de Paris, le dernier, le plus tragique et le plus mémorable des bouleversements du XIXe siècle, obtient un corridor de quatre mètres entre deux expositions concernant des élites. L'occupant est le portrait démesuré d'une femme devenue la compagne d'un rebelle une décennie plus tard et une vitrine sur laquelle des reflets rendent presque inchiffrables des petites estampes de carnage. 
Cet effacement est générale : le panneau officiel installé là où La Commune éclata souligne une propagande de droite (des soldats fusillent des généraux par peloton d'exécution, ce qui est invraisemblable)... et passe sous silence La Commune elle-même. Le musée de la ville de Saint-Denis, bien qu'ouvrière, lui accorde un étage entier pour la présenter du point de vue du vainqueur.  

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Un changement extraordinaire : pour les Jeux Olympiques de 2024 un hommage à la lutte pour la journée de huit heures est apparu. Il couvre le tier du quai de la station de métro de Saint-Denis, où est le stade. Des milliers de supporters passent devant à chaque match.



Il présage le bouleversement de 2026.



À suivre.

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BLOOK II,
UNE APROCHE À L'HISTOIRE 
ÉCONOMIQUE ET ANTHROPOLOGIQUE :

Ces cavalcades autour de rois sont semblables car leurs économies le sont. Les mêmes causes économiques conduisent —  dans leurs grandes lignes — aux mêmes effets.


   Une armée royale en marche (détail), tapisserie du XVIe siècle, publication du musée de la Renaissance

Cavaliers d'un roi au Nigéria du Nord / zoom

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Ces blooks incluent des dessins par Harald Wolff.

Comme la grande majorité d'artistes parisiens il est étranger (allemand), et habite non pas un quartier autrefois associé aux artistes (Saint-Germain, Montmartre, Montparnasse) mais une banlieue populaire (Montreuil). Il fait donc partie du Paris que ces pages décrivent.

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Suite,