YES !
EN SOULIGNANT CE QUI N'EST PAS DIT.
Si vous longez le fleuve à partir de Notre-Dame, des publicités géantes planeront au-dessus de vous.
Le message, bien que discret, est sans appel : les marques sont reines.
C'est le crédo d'un capitalisme effréné qui broie l'esprit humain et bannit tout ce qui ne rentre pas dans le moule des multinationales. Même Paris — une ville forgée par la monarchie et les révolutions — voit son histoire réécrite pour nourrir ce storytelling commercial. Les pans qui dérangent sont purement et simplement gommés.
Ce sont ces angles morts que ces pages mettent en lumière.
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Ces « blooks » (contraction de books et blogs) vont droit au but grâce à des gros titres et des images.
Pour faciliter votre lecture :
- Contenu liste l'intégralité des sujets.
- Le Menu offre un résumé.
- L'Indexe donne l'accès immédiat aux concepts clés.
- Une histoire qui illumine explique leur pertinence actuelle.
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Franco-américaine qui habite Paris depuis des décennies, j'ai été enseignante en histoire dans une université américaine. Ayant épousé un Français et vivant à Paris, j'ai fait la connaissance des historiens dans mon domaine, publié un article, frappé à des portes qui restèrent fermées et finit par comprendre que sans diplôme français intégrer l'Education nationale serait impossible. Je suis alors devenue guide-conférencière : ancien membre de l'Office du Tourisme (pendant sept ans) je connais bien le récit officiel. Depuis la crise du Covid-19, je me consacre à la création de ces « blooks ».
Vous trouverez un espace de discussion à la fin de chaque page : Laissez-y vos remarques. Les débats politiques sont bienvenus !
Voici un résumé.
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BLOOK I.
1. SOYEZ COMME UN DÉTECTIVE
REMARQUANT CE QUI SEMBLE ABERRANT,
COMME LE PARVIS DE NOTRE-DAME
Autrefois encerclée de maisons, Notre-Dame jaillissait au dessus du quotidien comme le voulaient ses bâtisseurs. Mais l'immense parvis de 1853 conduit à la voir de loin. Elle semble plus petite et moins imposante et le rappel d'éternité s'éteint.
Les photos non créditées sont les miennes.
L'esplanade était conçue pour briser les insurrections. Autrefois c'était dit. Plus maintenant.
2. UNE AUTRE SORTE D'OMISSION :
DES MARQUES ONT ENVAHI LE CENTRE*
ET LA CRÉATION SE DÉPLACE EN PÉRIPHÉRIE.
« Je croyais trouver des créateurs avec un point de vue, mais je n'ai vu que des marques », a dit un avocat newyorkais.
- Autrefois l'arrondissement le plus misérable de Paris, le 13e, à l'extrémité sud-est de la ville, est maintenant à l'avant-garde des arts innovatifs.
Deux festivals s'y tiennent.
- Un présente dix jours d'arts innovatifs ou populaires :
- L'autre est les trois semaines du Nouvel An Chinois. Les média remarquent son défilé géant, mais ignorent la multitude de festivités avant et après.
3. SUITE : LES ÉNERGIES D'IMMIGRÉS
Le marché sous le métro aérien de Barbès-Rochefort, au nord, et le ruban de commerces musulmans qui le côtoient rendent son quartier maghrébin un des plus bouillonnants de la ville. Pendant le Ramadan, des foules joyeuses et cordiales viennent pour les spécialités gourmandes vendues au long des rails.
L'Office de Tourisme n'en dit rien.
Les jeunes réunis autour du métro peuvent sembler inquiétants. Voici mon expérience.
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La Goutte d'Or, le quartier largement africain au nord de Barbès, est un lieu du « look » moyen de communication fleurit :
Les affiches dans les vitrines des innombrables coiffeurs expriment une vision positive d'individualité dans une communauté homogène et solidaire.
L' « art », on suppose souvent, est la musique, la peinture, etc. Mais les communards (à suivre) le disait toute création faite avec passion qui s'adresse au publique et un critique estimé a dit, « l'art doit exprimer une philosophie. Autrement il n'est que décoration ». L'aimable communication par l'apparence personnelle correspond à ces définitions. Mais on ne la remarque pas.
Pendant le covid, quand des étrangers ne venaient plus en France, l'Office du Tourisme a du s'adresser aux Parisiens et s'est apercu de la Goutte d'Or. Mais plutôt que de découvrir les personnes inventives croisées dans la rue, il a transporté des modèles portant la mode du jour.
4. LE PASSÉ :
L'OUBLIÉE EMPREINTE ROYALE
Les grandioses perspectives qui conduisent le regard vers une cible expriment l'identité de Paris son identité. Leurs origines sont l'espace qui conduit au nécropole royal, dont suivent les rues droites qui se terminent par une statue équestre du roi régnant, et culminent par la ligne qui commence au palais du Louvre symbolise le pouvoir infini en se perdant dans l'horizon.
Ils sont des lègues de la monarchie.
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| Zoom* |
Le rue de Birague, ancienne rue Royale, conduit à la place des Vosges, ancienne place Royale, et à la statue équestre de Louis XIII. Le point de départ des perspectives n'est à ma connaissance jamais mentonné.
*Cliquer permet de trouver l'original et les informations qui le concernent sur le web.
Le Grand Axe, modèle que de nombreuses capitales ont adopté.
Mais les récits politiques que des anecdotes allègent passent sous silence cet héritage. Une explication est suggérée ici.
3. PLUS EFFACÉE ENCORE, LA TRANSFORMATION MILITAIRE DE PARIS APRÈS LA PREMIÈRE INSURRECTION OUVRIÈRE MAJEURE EN 1848
- Les artères larges et droites prévoyaient le déplacement de l'armée vers des immenses vides conçus pour assembler soldats, chevaux et canons.
Puisque les insurrections elles-mêmes sont autant que possible effacées (à suivre) la raison pour cette grandeur est rarement comprise.
La place Saint-Michel, beaucoup trop vaste pour la circulation. A son fond, une statue où Saint Michel écrase Satan, symbole de l'Empereur écrasant le socialisme.
La plaque explicative dit qu'elle honore le combat des Parisiens à la Libération.
- Paris a été la ville mythique des soulèvements. C'est si peu dit qu'on croit souvent que ces personnages iconiques attaquent la Bastille, et non pas une barricade pendant la Révolution de 1830 oubliée :
La Liberté guide le peuple par Eugène Delacroix, 1830-1831 (recadré pour souligner les figures) / zoom
- Le musée Carnavalet (le musée historique) présente une Révolution française presque paisible et les combattants de 1830 comme de jeunes bourgeois élégants.
- Février 1848 devient un bouleversement où des meubles de personnages remplace le drame.
- L'insurrection de juin de cette année — celle qui inspira le remodelage militaire — obtient deux phrases en lettres minuscules, qui introduisent un tout autre sujet (les débuts de la photographie). Ses barricades y deviennent un jeu pour enfants et le tout paraît sur une table au fin-fond de l'étage, derrière un panneau devant des portraits de bourgeois inconnus.
- La Commune de Paris, le dernier, le plus tragique et le plus mémorable des bouleversements du XIXe siècle, se voit octroyer un corridor de quatre mètres entre deux expositions concernant des élites. Occupant une partie est le portrait démesuré de la campagne d'un rebelle une décennie plus tard. En face, une vitrine sur laquelle des reflets rendent presque déchiffrables des petites estampes de carnage.
Cet effacement est générale : le panneau officiel installé là où La Commune éclata souligne un mythe invraisemblable (des soldats fusillent des généraux par peloton d'exécution), s'attarde sur un changement de nom de rue... et passe sous silence La Commune elle-même. Le musée de la ville de Saint-Denis, ouvrière, lui accorde un étage entier, pour la présenter du point de vue du vainqueur.
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Il présage le bouleversement de 2026.
À suivre.
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BLOOK II,
UNE APROCHE À L'HISTOIRE
ÉCONOMIQUE ET ANTHROPOLOGIQUE :
Ces cavalcades autour de rois sont semblables car leurs économies le sont. Les mêmes causes économiques conduisent — dans leurs grandes lignes — aux mêmes effets.
Une armée royale en marche (détail), tapisserie du XVIe siècle, publication du musée de la Renaissance
Ces blooks incluent des dessins par Harald Wolff.
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Suite,









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