vendredi 22 avril 2016

4.1.5. DÉTOUR : DES EXTRÉMISTES DE DROITE UTILISENT L'IMAGERIE MÉDIÉVALE


UN ROYALIST CRIA « MONTJOIE ! SAINT-DENIS ! À BAS LA MACRONIE » ET GIFLA LE PRÉSIDENT MACRON

Il répétait le cri de guerre des chevaliers médiévaux français (en
2021).



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Aux États-Unis : 

Zoom (déroulez la page)
Le symbole d'une lettre runique à une manifestation notoire d'extrême droite à Charlotteville, dans la Virginie, en 2017.

Popular information / zoom (déroulez la page).

Tatouage de Pete Hegseth,
 choix de Trump pour conduire le Pentagon.


 *     *     * 

Suite,





jeudi 21 avril 2016

4.1.6. LA PREMIÈRE RUE DROITE FRANÇAISE ET SON PREMIER POINT DE MIRE

 
L'ÉGLISE QUI ABRITE LES RELIQUES DE SAINT DENIS REND LA VOIE DE COMMERCE UNE VOIE DE  PÈLERINAGE...  

Qui se termine à la sépulture des rois.

 Marcher en France, routes de pèlerinage traditionnels (en anglais) / zoom (déroulez la page)

Quand la monarchie fait de la basilique son mausolée (en 638), venir pour les reliques est aussi venir pour ses tombeaux : 


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La sinuosité, signe d'antiquité : 


L'espace par lequel les pèlerins quittent le chemin pour atteindre l'église est la première rue droite en France (les rues romaines exceptées)... 

Modèle à l'entrée des sépultures.

Et la basilique, son premier point de mire :



Ce dessin sera à la base
de la majesté de Paris :
 
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mardi 19 avril 2016

4.1.7. OUBLIONS LES ANCÊTRES, CLAIRONNONS LE POUVOIR !



CHANGER LE PARCOURS DE L'ENTRÉE ANNONCE UNE MONARCHIE PLUS ROBUSTE ENCORE
(LE 26 AOÛT, 1660) 

Elle était déjà la plus puissante en Europe. 

Maurice Leloir pour Le Roy Soleil par Gustave Toudoze, 1934
Le célèbre illustrateur Maurice Leloir octroie à cette entrée une double page dans ce livre d'histoire pour enfants. 

Le cortège prit la voie de commerce est-ouest pour entrer à Paris par la porte Saint-Antoine et continua sur cette voie relativement droite, élargie au siècle précédent pour des tournois...

       Adapté d'un plan de 1739 / zoom
    Le Tournoi où le roi Henri II fut blessé à mort à la rue Saint-Antoine, le 30 juin, 1659 / zoom

Les innovations du grand-père et père de Louis s'y alignent toujours. 
 

La rue Saint-Antoine


Avant de la suivre,
une histoire qui montre une raison plus immédiat
de commencer le cortège à la Bastille.

*     *     * 
 Suite,
4.1.8. 





vendredi 15 avril 2016

4.1.8. RÉVOLTE À LA BASTILLE


LA FORTERESSE RAPPELAIT LA DERNIÈRE RÉVOLTE DES NOBLES INDÉPENDANTS ET LEUR DÉFAITE DÉFINITIVE
« LA FRONDE »1648 – 1653)  

Portrait au Musée Carnavalet
En se faisant peindre en personnage de l'Antiquité Marie Louise d'Orleans se montre d'essence supérieure et comme guerrière, prévoit son rôle pendant la Fronde.   

Les adversaires du Premier Ministre centralisateur (le Cardinal Mazarin) étaient des parlementaires, des magistrats et des nobles féodaux, unis en opposition à l'essor du pouvoir royal.   

Les nobles inséraient leurs intrigues personnelles à la lutte et « La Fronde »* paraît frivole. Mais des récits mentionnent une mère et deux enfants morts de faim au pont Neuf, la reine d'Angleterre gardait le lit** à cause du  froid et le petit Louis XIV dormait dans des draps troués. 

*Quand des gamins brisèrent les vitres du carrosse du Premier Ministre avec leurs frondes, « Venez fronder avec nous » devint le slogan. 
-- La Fronde par Orest Ranum, 1993

**Veuve de Charles I et tante de Louis XIV, réfugiée à Paris. 

La lutte mit fin à l'indépendance des nobles.   

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Quand les troupes de Louis XIV étaient sur le point de prendre  la Bastille et d'entrer dans Paris, Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier et cousine germaine de Louis XIV, commanda aux canonniers de la forteresse de les bombarder : 
(Le 22 juin 1652)

Maurice Leloir dans Le Roy Soleil par Gustave Toudouze, 1931
 
Son récit :

« Je me promenais longtemps sur les tours [de la Bastille] et je fis changer le canon [pour qu'il soit dirigé vers le faubourg]. Je regardais avec un lunette d'approche : je vis beaucoup de monde sur la hauteur de Charonne et même des carrosses ; ce qui m'a fait penser que c'était le roi [...]. Je vis aussi toute l'armée ennemie dans le fond, vers Bagnolet [...]. L'on voyait les généraux sans connaître leurs visages ; mais on les reconnaissaient par leurs suites [...] 

Je vis comme ils partageaient leur cavalerie pour nous couper entre le faubourg et le fossé, les uns du côté Popincourt et les autres par Reuilly... »

Adapté d'un plan de 1615

Adapté d'un plan de métro

 Les lieux qu'elle a vu par la longue-vue (télescope primitif).

« Les troupes [...] avancèrent près de la ville ; mais l'on tira de la Bastille deux ou trois volées de canon, comme je l'avais ordonné [...]. Cela leur fit peur, ayant emporté un rang de cavaliers ; sans cela toute l'infanterie étrangère, la gendarmerie et quelque cavalerie [l'arrière-garde rebelle]auraient été défaites [...]. »

Combat sous les murs de la Bastille, anonyme, XVIIe siècle / zoom

« Quand je songeai le soir, et toutes les fois que j'y songe encore, que j'avais sauvé cette armée, j'avoue que ce m'était une grande satisfaction [...] La joie que je sentais d'avoir rendu un service au parti si considérable et d'avoir fait une chose si peu ordinaire, et qui n'est peut-être jamais arrivée à une personne de ma condition, m'empêcha de faire les réflexions qui peuvent se faire maintenant la dessus et qui auraient pu troubler ma joie [elle évoque des morts]. » 
-- La grande Mademoiselle, Mémoires, préface Christian Bouyer, I, p. 234

« Tous ceux qui avaient vu passer, le jour de la bataille de Saint-Antoine, rapporter à Paris alors garnie d'une herse, les corps morts ou mourants de tant de citoyens, et qui voyaient cette entrée si différente, bénissaient le ciel, et rendaient grâces d'un si heureux changement. »
-- Le Siècle de Louis XIV de Voltaire, ed. 2015, p. 402

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Un mois plus tard la noblesse fut vaincue à jamais :
 Commencer le défilé à la Bastille 
rappelle ce sang de cygne.

                                                Louis XIV vainqueur de la Fronde par Charles Poerson vers 1653 / zoom

La monarchie sera incontestée
jusqu'à la Révolution.

*     *     *

Suite,



mercredi 13 avril 2016

4.1.9. L'AMOUR TRIOMPHE — HÉLAS


LA DUCHESSE DE MONTPENSIER EST CONNUE AUSSI POUR UNE PASSION QUI DÉFIA L'HIÉRARCHIE 

« La Grande Mademoiselle » petite-fille d'Henri IV, cousine germaine de Louis XIV, héritière d'une des plus grandes fortunes d'Europe, croyait seul un roi ou un empereur digne d'elle...

Marie-Louise de Montpensier tenant le portrait de son père, Gaston de France par Pierre Bourguignon, 1672  / zoom

Mais à quarante ans passées elle tomba amoureuse d'un insolent cadet de petite noblesse et pendant quarante-huit heures Louis XIV permit leur mariage :

Antoine Nompar de Caumont, comte de Puyguilhem, plus tard duc de Lauzon 


Madame de Sévigné* a laissé ce récit : 

*Ses lettres la placent parmi les grands écrivains français. 

« Je vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus éclatante, la plus secrète jusqu'aujourd'hui, la plus brillante, la plus digne d'envie [...].

Une chose qui fait crier miséricorde à tout le monde, une chose qui se fera dimanche, et qui ne sera peut-être pas faite lundi. Je ne peux me résoudre à la dire : devinez-là [... ]. Jetez-vous votre langue aux chiens ? Eh bien ! Il faut donc vous le dire : Monsieur Lauzon épouse dimanche au Louvre, devinez qui ? [Suit des noms de demoiselles de la cour]. Il faut donc à la fin vous le dire. Il épouse, dimanche, au Louvre, avec la permission du Roi, Mademoiselle... Mademoiselle de... Mademoiselle... devinez le nom : il épouse Mademoiselle, ma foi ! par ma foi ! ma foi jurée ! Mademoiselle, la grande Mademoiselle : Mademoiselle, fille du feu Monsieur [le titre du frère du roi] ; Mademoiselle, la petite-fille d'Henri IV ; mademoiselle d'Eu, mademoiselle de Dombes, mademoiselle de Montpensier, mademoiselle d'Orléans ; Mademoiselle, cousine germaine du Roi ; Mademoiselle, destinée au trône [avant la canonnade de la Bastille, qu'elle épouse Louis XIV était une possibilité]. Voilà un bon sujet de discourir. Si vous criez, si vous êtes hors de vous-même, si vous dites que nous avons menti, que cela est faux, qu'on se moque de vous, que voilà une belle raillerie, que cela est bien fade d'imaginer; si enfin vous nous dites des injures : nous trouverons que vous avez raison; nous en avons fait autant que vous. »
-- Le 15 décembre 1670

Louis consentit à leur mariage, puis changea d'avis : on ne confronte pas ainsi l'hiérarchie que Dieu a établit (et laisser une immense fortune sortir de la famille). 

Quatre jours plus tard

« Ce ce qui s'appelle tomber des nues, c'est ce qui est arrivé hier soir aux Tuileries ; mais il faut reprendre les choses de plus loin. Vous en êtes à la joie, aux transports, au ravissements de la princesse et de son bienheureux amant. Ce fut donc lundi que la chose fut déclarée, comme vous avez su. Le mardi se passa a parler, à s'étonner, à complimenter. Le mercredi, Mademoiselle fit une donation à M. de Lauzun, avec dessin de lui donner ses titres, les noms et les ornements nécessaires pour être nommé au contrat de mariage, qui fut fait le même jour. Elle lui donna donc, en attendant mieux, quatre duchés [la liste suit]. Le jeudi matin, qui était hier, Mademoiselle espérait que le roi signerait, comme il avait dit ; mais sur les sept heures du soir, Sa Majesté étant persuadé par la Reine, Monsieur et plusieurs barbons, que cette affaire faisait tort à sa réputation, il se résolu de la rompre [...]. Monsieur de Lauzun reçut cet ordre avec tout le respect, toute la soumission, toute la fermeté et tout le désespoir que méritait une si grande chute.

Mademoiselle [...] éclata en pleurs, en cris, en douleurs violentes, en plaintes excessives ; et tout le jour n'a pas sorti de son lit, sans rien avaler que des bouillons. Voilà un beau songe, voilà un beau sujet de roman ou de tragédie, mais surtout un beau sujet de raisonner et de parler éternellement. »
-- Le 19 décembre 1670

Le roi emprisonna l'ex-fiancé pour une autre affaire.*

*Très petit, il s'était glissé sous le lit où le roi et sa favorite (Madame de Montespan) faisaient l'amour, pour savoir si elle garderait sa promesse de dire du bien de lui. Mais elle l'a accablé. Quand il lui demanda si elle avait gardé sa promesse et qu'elle lui dit que oui, il répéta la conversation mot pout mot, en l'insultant. 
-- Le Roman du duc de Lauzun, « Louis XIV et sa cour » 
du duc de Saint-Simon, ed. abrégée, 1994

Pendant dix ans, Anne-Marie implore le roi de le libérer. Quand elle lègue sa fortune à un de ses fils légitimés il le fait enfin.

Ils se marient. 

Lauzon lui fait s'agenouiller pour retirer ses bottes.

Plus tard elle  le quitte. Après qu'elle le tabasse.

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Faire échapper Jacques II d'Angleterre relance sa carrière.  

Portrait d'Antoine Nompar de Caumont, duc de Lauzun par Alexis Simon Belle, vers 1700 / zoom

« Ses manières étaient toutes mesurées, réservées, doucereuses, même respectueuses ; et de ce ton bas et emmiellé il sortait des traits perçants et accablants par leur justesse, leur force ou leur ridicule, et cela en deux ou trois mots, quelquefois d'un air de naïveté ou de distraction, comme s'il n'eut pas songé. Aussi était-il redouté [...]. » 

Même à quatre-vingt-un ans
il n'est pas remis de la perte de son poste
de commandant de la Garde : 

« J'ai souvent réfléchi à cette occasion, sur l'extrême malheur de se laisser entraîner à l'ivresse du monde, et au formidable état d'un ambitieux que ni les richesses, ni le domestique le plus agréable [après la mort de Mademoiselle Lauzun épouse la belle-sœur de Saint-Simon], ni la dignité acquise, ni l'âge, ni l'impuissance corporelle, n'en peuvent déprendre, et qui, au lieu de jouir tranquillement de ce qu'il possède, et d'en sentir le bonheur, s'épuise en regrets et en amertumes inutiles et continuelles [...]. » 
-- Saint-Simon, suite

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La duchesse et Lauzun ont été écrasés, par le despotisme du roi et l'obsession du rang : Marie-Louise en passant dix ans à attendre un homme qui ne valait pas la peine, et Lauzon en ne pouvant surmonter la perte d'un poste.

La plupart des membres de la cour ont souffert aussi d'un milieu où « tout devient habileté, desseins, complaisances forcées, flatterie sans mesure et aigreur dans le fond... »  
-- La marquise de Maintenon, deuxième épouse de Louis XIV, dans Madame de Maintenon, 
 « L'Âge de la Conversation » par Benedetta Craveri," 2001, p. 236

Une rare fin heureuse est celle de Louise de la Vallière,
qui après des années d'humiliation 
comme favorite officielle mais méprisée,
quitta la cour pour vivre
 les trente ans du reste de sa vie comme Carmélite,
apparemment avec bonheur.

Fin de cette section.

*     *     *

La prochaine section,
IV.2.
Les étapes du cortège