lundi 28 octobre 2024

LES FEMMES QUI LÉGUÈRENT LEUR RAFFINEMENT

 
ET ONT INSTAURÉ UNE CULTURE QUI APPRECIE LES FEMMES


François I (1525-1547) souhaitait que sa cour reflète son autorité  croissante, mais les nobles restaient dans leurs châteaux à boire et à guerroyer.

   François I par Jean Clouet, vers 1530 / zoom                            

Alors il a étendu une pratique du règne précédent : inviter leurs filles. Il prêta aux trois cent jeunes femmes des robes et des bijoux somptueux et les fit éduquer par la reine, en espérant qu'elles attirerait et civiliserait les hommes. 

Ce qu'elles ont fait. La cour de la plus grande partie du XVIe siècle reste connue pour son raffinement...

Tapisserie, publication du Musée de la Renaissance


Soirée au Musée des Armées

Mais des guerres civiles* le brisent :

Le Festin des généraux, 1535 / zoom

 


  • Quand Henri IV, fondateur de la dynastie des Bourbons et s'une monarchie beaucoup plus puissante vient au pouvoir à la fin du XVIe siècle, la goujaterie de la cour choqua son épouse florentine, Marie de Médicis. Une auteure de romans historiques exprime son dégoût par cette réponse imaginée : « Même à la cour il y avait un soudard dans chacun de ces hommes, et une fille publique dans chacune de ces femmes. Certains mots, certaines plaisanteries me faisaient fermer les yeux de confusion, même parfois me boucher les oreilles des deux mains... .»
--  La Galigaï par Eva de Castro, 1987, p. 198
  • Henri selon Rubens

                 La  Rencontre à Lyon, cycle de Marie de Médicis, 1626 / zoom
« Henri IV se tient mal ! » s'est exclamé ma fille de huit ans en découvrant cette œuvre.

Le meilleur chef militaire de son temps, il avait passé quarante ans à l'armée. Il ne se baignait jamais, se rasait rarement et croyait que puer était la marque d'un gentilhomme virile habitué aux combats, bien supérieur à un bourgeois amolli. 

En dînant avec la reine, il l'éclaboussait. « Désolée, chérie », disait-il, et l'éclaboussait de nouveau. Mais ses lettres d'amour à ses amantes — on dit qu'il engendra cinquante-trois bâtards — sont des chef d'œuvres de style.

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Le changement est venu des « salons », où des femmes de la noblesse se rencontraient pour des conversations raffinées. Elles y inventèrent la célèbre « Carte du Tendre » qui conseillait aux gentilhommes que pour atteindre la « Mer dangereuse » de la passion ils devaient avancer de village à village, c'est-à-dire pas à pas : 

       
Ce code encourageait l'usage du monde, la maîtrise de soi et l'importance du rang, attributs que la monarchie porterait aux extrêmes.

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Reines et favorites, complémentaires et opposées :

  • La fonction essentielle des reines était de donner des enfants à la France. Aussi, en participant aux cérémonies, en visitant les églises et en offrant des aumônes elles  humanisaient la monarchie.

Les jeunes demoiselles qui les entouraient assuraient le ton. Mais les reines elles-mêmes, des étrangères choisies pour des raisons politiques qui pouvaient ne jamais maîtriser le français ou les usages compliqués de la cour, restaient généralement en retrait. 

À partir du XVIe siècle trois émergent, comme régentes quand des rois décédés laissent des fils trop jeunes pour diriger, ou en maintenant leur influence sur eux. 

Ces anomalies :

Catherine de Médicis, reine mère 1559-1580's / zoom

« Personne n'aime la putain de son mari », Catherine de Medici écrit, montrant que les reines devaient accepter les favorites décrites ci-dessous. Cette servitude lui apprit l'observation et la duplicité qui lui ont contribué à son souvenir terrible : « Je n'ai jamais cru que vous mangiez les petits enfants », la reine de Navarre lui a écrit. 

Mais « Un opposant majeur et le vainqueur final, Henri IV, l'a appelé "un grand roi" ». 
-- Une biographie positive :
 Sur Catherine de Médicis, introduction par Balzac de son roman historique, 1830-1846

Lourde, avec des yeux globuleux, vêtue du noir des veuves, le pouvoir l'intéressait, pas l'élégance. Mais les jeunes femmes qui l'entouraient pour séduire et espionner maintenaient l'éclat de la cour.
 
Marie de Médicis, régente et reine mère,1600-1616 / zoom
Anne d'Autriche, régente puis reine mère,1643-1666 / zoom

Marie de Medici, lointaine parente de Catherine, aimait aussi le pouvoir. Pour son histoire, cliquez ici et ici

La charmante, sociable Anne d'Autriche laissa la politique à son brillant Premier Ministre, en dirigeant la cour de façon experte.


  • Les favorites : les maîtresses royales officielles. Choisies par les rois, elles étaient belles, cultivées et élégantes, des locomotives qui donnaient à la cour son éclat.
Se démarquent :

Diane de Poitiers (1535-1559) / zoom             
La marquise de Montespan (1667-1680's) zoom

Diane de Poitiers, le pouvoir derrière Henri II, laissa Catherine de Médicis se morfondre pendant vingt ans.

La marquise de Montespan contribua à la célébrité de la cour pendant les années les plus glorieuses de Louis XIV (1670-1685 environ). Son lien avec une empoisonneuse tueuse en série apporta sa chute : cliquez.

Madame de Pompadour, 1744-1764 / zoom
Madame du Barry, 1768-1774 / zoom

La marquise de Pompadour influença la culture brillamment et et la politique étrangère désastreusement. On se rappelle du cri de la comtesse du Barry, « Encore un petit instant pour vivre ! » avant d'être guillotinée.

Les maîtresses royales étaient nécessaires. Leur présence encourageaient les nobles à rester à la cour coûteuse et étouffante, espérant que la favorite de leur clan partage avec eux les largesses royales ou intriguant pour que leur candidate soit choisie la prochaine fois. De plus, leur extravagance en faisait des paratonnerres, éloignant du roi la furie populaire.

Preuve de leur importance: pendant la Restauration la noblesse accueillit avec joie le don d'une résidence à la confidente du roi âgé, comme montrant le retour de l'Ancien Régime par le choix d'une favorite. 

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     Zoom

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La cour du XVI siècle, les salons et les rôles complémentaires des favorites et des reines, expliquent l'influence des femmes sur la culture française.  

Elles ont encouragé les arts, 
exigé un rapport courtois entre les genres
et transformé le luxe en goût.

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Suite,




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