samedi 30 août 2025

PEUT-ON DIRE DU NEUF SUR PARIS ?

Version anglaise

YES !


REMARQUER CE QUI EST OMIS RÉVÈLE UN AUTRE RÉCIT

Et pose des questions générales auxquelles on ne pense pas.  


     Les photos sans crédit sans les miennes.  

La porte Saint-Denis, que les visiteurs ne connaissent pas et dont beaucoup de Parisiens ignorent le sens, annonce une victoire du Roi-Soleil dont les suites terribles demeurent et un quartier dynamique où soixante-douze langues sont parlées. 

Ce guide de Paris montre l'importance de l'observation, de la base économique et des mobilisations populaires. Mes qualifications : résidente franco-américaine à Paris depuis des décennies, professeur de faculté en histoire aux États-Unis, ici guide touristique (membre de l'Office du Tourisme pendant sept as, je connais ses priorités).

Pour la pertinence générale de cette approche, cliquez.

Il y a un espace pour des remarques à la fin de chaque page. Les discussions robustes sont bienvenues.


BANDES-ANNONCES, LA PARTIE I :
LE  PASSÉ

On croit souvent que les personnages dans ce tableau iconique attaquent la Bastille...  

     La Liberté guide le peuple par Eugène Delacroix, 1830-1831 (recadré pour souligner les figures) / zoom

Mais c'est la Révolution de 1830 qui l'inspira. Ses trois jours de combats ont terminé la transformation essentiel de la Révolution française : laisser le capitalism prendre son envol en éliminant le pouvoir des nobles, On ne le dit presque plus.

  • Cette transformation a conduit à des révoltes endémiques entre 1830 et 1871. Pour une histoire aujourd'hui presque effacée, cliquez ici. 
      Combat à la porte Saint-Denis, lithographie anonyme, 1848 / zoom

Les « Journées de Juin » 1848, 
première révolte ouvrière majeure (5000 morts), est oubliée, ainsi que la terreur inspirée par les « barbares » rebelles. Un effet : 
l'arrivée du régime européen le plus autocratique de l'époque (le Second Empire, 1851-1870). Un autre : la transformation militaire de la ville (en 1853-1869), aujourd'hui omise.

  • La dernière et la plus tragique de ces séismes est celle de La Commune de Paris, quand des jeunes inexpérimentés ont dirigé Paris avec le soutien des humbles, de mars à mai 1871.
           Proclamation de La Commune, le 26 mars, 1871, gravure anonyme / zoom

Malgré la guerre avec le gouvernement national, un siège et la fuite de la plupart des administrateurs, ils ont esquissé une société réellement démocratique et ont fait fonctionner la plus grande ville du Continent (population un million et demi).   

« Ils ont échoué à cause de leur grande décence », Marx a dit de ces idéalistes. ils secouraient les veuves dont les maris étaient morts en combattant contre eux, leurs infirmières soignaient les blessés des deux bords et ils n'ont pas touché à l'or laissé par le gouvernement en fuite, 

Le bouleversement lui-même suivait la défaite de la France par la Prusse quelques mois plus tôt. Quand Bismarck libéra cent mille prisonniers de guerre pour renforcer le gouvernement, les réactionnaires ont réprimé La Commune par la sauvagerie de La Semaine sanglante.

Elle annonce les génocides.

Un peloton d'exécution versaillais pendant la Semaine sanglante par V. Sarday, « Les Amis de la Commune de Paris » / zoom  (« Versaillais » : le gouvernement s'était enfuit à Versailles.)

Cette peinture faite une génération plus tard s'inspire des illustrations de l'époque et de témoignages de respect à contrecœur des adversaires. 

Elle inspire toujours à gauche. Pour le point de vue du musée historique, cliquez.

Commemoration du 160e anniversaire (en 2021)

LA VILLE ACTUELLE :
LES MARQUES ENVAHISSENT LE CENTRE 
ET LA CRÉATIVITÉ S'EN VA EN PÉRIPHÉRIE 

Ses loyers relativement abordables attirent l'innovation dans tous les domaines, tels ici, ici et iciMais cette inventivité est surtout connue des résidents.
 
La créativité d'immigrés est encore plus ignorée. Prenez La Goutte d'Or, un quartier en partie africain à la frontière nord de la ville. Là, un art unique bouillonne. Les « looks » sont des compositions par lesquels on communique :



Vu à la rue Doudeauville, l'artère principale

  • Cette énergie explique la multitude de coiffeurs, de commerces qui proposent les imprimés associés à l'Afrique, des perruques, des produits de beauté, et les jeunes tailleurs derrière leurs machines à coudre qu'on aperçoit de la rue. 
  • Des affiches de coiffeurs proposent des styles sans fin. À leur origine, les panneaux des marchés africains :

Affiche de coiffeur dans une rue de La Goutte d'Or.

Panneau du marché de Treichville à Abidjan, 1973. Remarquez la coupe « Kennedy ».

  • Des joueurs de foot les ont adopté pour être identifiés à la télévision pendant la Coupe du Monde de 2014Les jeunes les ont universellement imité. 

Mathieu Debuchy et Bakari Sagna, Équipe de France / zoom

  • Les barbiers Black restent le point de départ des styles de coupe, de barbes et de moustaches, les coiffeurs beaucoup plus rares des autres quartiers les copiant timidement. 
Bouno Coiffure, 51 rue de la Goutte d'Or, 18e

« L'Art doit exprimer une philosophie. Autrement il n'est que décoration », un critique d'art m'a ditLes coiffures, les barbes et les costumes signalent une affirmation positive de spécificité individuelle, et les affiches proclament une communauté homogène et solidaire. 

Les commerces traditionnels reflètent cette philosophie. La présentation des articles est sans importance, car les clients viennent parce qu'ils connaissent les vendeurs et peuvent rester pour leur tenir compagnie. La bonne humeur est omniprésente — pour un exemple de gentilesse quand je l'attendais le moins, cliquez.

La solidaires est la clé de survie dans un monde souvent rude.

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LA PARTIE II :
UNE APROCHE ÉCONOMIQUE À L'HISTOIRE

Par exemple, l'ostentation efface les profits réinvestissables pour maintenir le statu quo.

       Une armée royale en marche (détail), tapisserie du XVIe siècle, publication du musée de la Renaissance 
Cavaliers du Nigéria du Nord / zoom (cliquez pout l'image originel et informations sur la photo.) 

*Cliquer sur « zoom » conduit à l'image originale et à aux informations qui la concernent.


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Ceci est un « blook » qui présente rapidement ses idées par des gros titres et des images.


Il inclut des dessins par Harald Wolff. Comme la grande majorité d'artistes parisiens il est étranger (allemand), et habite non pas un lieu autrefois associé aux artistes (Saint-Germain, Montmartre, Montparnasse) mais une banlieue populaire (Montreuil). Il fait donc partie de la réalité que ces pages décrivent.

L'indexe, sous le menu à droite, donne un accès immédiat aux idées principales. 

Contenu vous permet de cliquer directement sur des pages spécifiques.  

Epilogues suggère leur pertinence plus large.


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Suite, 



vendredi 29 août 2025

0.1. D'OÙ VIENNENT CES IDÉES ?

 

J'AI GRANDI DANS UNE PETITE VILLE PRÈS DE NEW YORK...

où Maman ressortait par son accent français et son élégance parisienne. Indifférente aux équipes sportives, aux pom-pom girls et détestant Elvis, elle m'élevait à la française. Les coutumes de notre « hometown » et de Paris étaient si différentes ! Confronter deux vérités conduit à réfléchir.

Passant une année à la Sorbonne, j'étais captivée par l'histoire française, que je comprenais comme des exploits d'individus dans un contexte largement politique. Mais un jeune homme rencontré en attendant un cours pensait autrement : pour lui, les événements, les habitudes, les croyances n'étaient compréhensibles qu'étant placés dans leur contexte économique. « Et cela », a-t'il dit, « vient de Karl Marx ».

Ma fascination pour Paris a duré plus longtemps que notre mariage et je vis toujours dans cette ville magnifique. 

Mon père était professeur, et je me dirigeai vers l'université (licence Vassar, maîtrise Harvard, doctorat Columbia, toujours en histoire). Mais enseigner dans les facultés françaises sans diplôme français était impossible à l'époque. Je suis donc devenue guide en tourisme, et ce blook en est la suite.


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Un souvenir

Harald Wolff

Vers 1955, une tante française, Magda Trocmé, 
que mon père appelait « Ouragan Magda »... 

pendant une tournée de conférences est venue nous rendre visite. Avec son mari, le pasteur André Trocmé, elle était une pacifiste anti-nazi connue, et après la guerre était critique de la politique de Guerre Froide du Président Eisenhower. Mon père, un anglo stoïque, se retirait après le dîner, laissant Maman et Tante Magda « discuter ».

J'écoutais du haut de l'escalier, et me souviens du plaisir
avec laquelle elles échangeaient des idées, sans s'attendre à persuader.

Bien que la discussion a peut-être nuancé 
leurs points de vue très affirmés.

*     *     *

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